Néo-carnisme : comprendre la "viande heureuse", le locavorisme, le régime paléo, et y répondre

par Melanie Joy

 

https://drive.google.com/file/d/0Bwn3XdA6tlTJOWY1YTFkMGEtZDJmMC00ZTNiLTk3NDMtN2IzMDgyMmRiOGJh/view



Peu de commentaires ont désespéré les véganes davantage que ceux qui, ces derniers temps, proclament les vertus de la consommation de viande "humaine", l'éthique de la consommation de viande "durable", ou qui insistent sur la nécessité de la consommation de viande, sur le plan nutritionnel. Des véganes exaspérés se demandent comment, malgré des années de campagne apparemment fructueuse, de sensibilisation à l'impact de l'élevage sur les animaux, l'environnement et la santé humaine, ces mêmes préoccupations se trouvent utilisées pour défendre la consommation de viande.

Toutefois, ce n'est pas malgré le militantisme végane mais, dans une large mesure, à cause de celui-ci que cette réponse défensive s'est propagée dans le discours public. La nouvelle vague d'arguments pro-viande est, en partie, une tentative pour défendre l'institution affaiblie de la consommation de viande contre la réelle menace posée par un mouvement végane qui monte en puissance. La "viande heureuse", le locavorisme, et le "régime paléo" traduisent la volonté de la société d'examiner les implications éthiques de la consommation de viande, d'oeufs et de laitage, et reflètent la préoccupation réelle des gens pour les animaux (ainsi que pour l'environnement et la santé). Mais ils traduisent aussi la réticence de la culture dominante de la consommation de viande à adopter une éthique végane. Les nouveaux arguments pro-viande font partie de la réaction carniste à la popularité croissante du végétalisme, et tant les véganes que les non-véganes doivent les comprendre et les apprécier afin d'évoluer vers une société plus humaine et plus juste.



Le backlash carniste



Un backlash est une réponse défensive, souvent inconsciente, des intérêts dominants à ce qui menace leur pouvoir. Le backlash carniste est la réaction des producteurs et des consommateurs de viande, d'oeufs et de lait, à la déstabilisation du carnisme.




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¤ Article publié sur le site de One Green Planet, sous le titre original  Understanding Neocarnism : How Vegan Advocates Can Appreciate and Respond to “Happy Meat,” Locavorism, and “Paleo Dieting» en juillet 2011. Il est traduit de l'anglais par Marceline Pauly et publié sur ce blog avec la permission de l'auteur et de One Green Planet*.

Cet article est sous la licence exclusive de One Green Planet, qui en a généreusement autorisé la traduction et la publication sur animal-sujet2

http://books.google.fr/books/p/red_wheel_weiser3?id=10WaaHcY06IC&dq=Why+we+love+dogs&ei=lQjhUpabMsfegAel2oDgDw&cd=1&redir_esc=yMelanie Joy est professeur de psychologie à l’Université du Massachusetts, à Boston. Elle est l'auteur de Strategic Actions for Animals : A Handbook on Strategic Movement Building, Organization, and Activism for Animal Liberation, Lantern Books, 2008 et de Why We Love dogs, Eat Pigs and Wear Wear Cows : An Introduction to Carnism (Conari Press, 2010) dont on peut lire une traduction du premier chapitre sur le site des Cahiers antispécistes ainsi que le résumé de 4 autres chapitres dans lesquels l'auteur expose le fonctionnement de l'idéologie carniste.
Autres articles traduits en français: Le carnisme, Qu'est-ce que le carnisme? 

Site Carnism Awareness & Action Network (CAAN)
 



                   * One Green Planet is an online ecosystem that draws links between the environment, animals and vegan living. We are a platform that brings together a range of distinct voices, unified by a commitment to spreading good ideas that benefit people, animals and the planet. / One Green Planet est un écosystème en ligne qui établit des liens entre l'environnement, les animaux et le mode de vie végane. Nous sommes une plate-forme qui rassemble des voix multiples et distinctes, unies dans leur engagement à diffuser de bonnes idées qui profiteront aux gens, aux animaux et à la planète.